• « Sale con » : la parole de gauche…

    « Sale con » : la parole de gauche…



    CNews, le 20 février soir, chez Thomas Hugues.
    Que penser du retour de l’extrême droite en Allemagne ?

    Face à Alexandre Devecchio, du Figaro, et Denis Tillinac, de Valeurs actuelles, il y avait Isabelle Florennes, député MoDem des Hauts-de-Seine, et surtout un jeune barbu du nom de Benjamin Lucas, venu en tant que porte-parole de Génération.s, le mini-parti de Benoît Hamon.
    Le jeune Lucas attaque tout de go sur le poison de la haine déversée par Éric Zemmour sur cette sinistre chaîne que serait devenue CNews mais dont il a, tout de même, accepté l’invitation.
    « La barbarie commence par des discours de haine », argumente-t-il. « Des discours qui théorisent ce fameux Grand Remplacement, mythe raciste et xénophobe… Quand des médias salarient une personne comme Éric Zemmour, quand CNnews diffuse des idées qui sont des appels à la haine, on devient complice. »
    Devecchio et Tillinac essayent de lui répondre d’un seul chœur que Zemmour n’est pas responsable des actes de terrorisme de l’islamisme, mais Lucas enchaîne en répondant qu’on est soit complice soit rempart, face à ces propos de haine. 
    « Aujourd’hui, on tire en Europe sur des musulmans. »

    Réponse de Tillinac : « Des musulmans qui s’en prennent aux juifs, c’est la faute à Zemmour aussi. »
    Lorsque Alexandre Devecchio lui demande de ne pas nourrir un fantasme de guerre civile qui n’a pas lieu d’être, Benjamin Lucas ose élever la voix en disant : « J’affirme, j’assume de dire que les paroles de M. Zemmour, qui parle de Grand Remplacement, professent des discours de haine à l’égard des musulmans, mais pas seulement car il a du mal avec les femmes, les homosexuels. Tout cela conduit à un climat de violence dans la société. »
    Et là, c’est le bouquet final : Devecchio rétorque à Benjamin Lucas qu’il a l’impression qu’il rêverait qu’il y ait des attentats commis par l’ultra-droite.
    La vérité blessant, Lucas monte sur ses grands chevaux.
    « Je ne vous permets pas de dire ça. Vous le retirez tout de suite. »
    Réponse sourire de Devecchio : « Je dis ce que je veux, on est encore en démocratie. »
    Réponse violente de Lucas : « Moi, j’ai le droit de dire que vous êtes un sale con. »
    Silence sur le plateau, et réponse sereine de Devecchio : « On vient de voir où était l’extrémisme », avec une intervention inattendue d’Isabelle Florennes : « Avoir un porte-parole comme vous ! Benoît Hamon devrait se faire du souci. »
    Le débat serait-il clos ?
    Non, Thomas Hugues, innocent et souriant, en remet une couche, la goutte fatale : « Bon, ça y est, chacun a fait son numéro ? »
    Et Benjamin Lucas se lève, ramasse ses affaires et crie « Bon, si c’est un numéro, je m’en vais ». Réponse du journaliste : « Comme ça, vous être sûr d’avoir une séquence qui sera reprise. » Benjamin Lucas revient alors pour dire qu’il voulait « apporter une parole de gauche, humaniste et progressiste ».
    Et il s’en va… La parole de gauche a porté ses fruits et Zemmour n’a plus qu’à continuer à débattre, tous les soirs, avec ceux qui veulent bien affronter ses idées que nous nous réjouissons d’entendre quatre soirs par semaine.
    Merci, CNews.

    Floris de Bonneville
     
     

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