• LETTRE OUVERTE A LA COMTESSE DE MONTRETOUT

    LETTRE OUVERTE A LA
    COMTESSE DE MONTRETOUT
    (Cédric de Valfrancisque)

    « L’ambition : c’est le nom noble donné aux besoins d’argent.”
    (Philippe Bouvard).


    Souffrez, Madame, qu’un petit hobereau cévenol, pas même Banneret, tout juste Chevalier, vous adresse cette supplique, car il en va de l’intérêt du Royaume.
    Je vous mande, humblement, de ne point prétendre diriger le pays, donc d’abandonner l’idée de vous présenter, en 2022, contre le Marquis de Morveux d’Enarque, ce cabot narcissique.
    Certes, ce paltoquet est insupportable. Certes, il mène le pays à la fronde et à la ruine.
    Certes, il a fait allégeance avec les Maures qui se comportent chez nous en occupants.
    Nous sommes bien conscients qu’il faudrait, séant, le chasser du Trône qu’il a usurpé avec l’aide des Loges maçonniques et la complicité de banquiers apatrides (et grâce aux sotties des chefs de clans, tant progressistes que conservateurs).
    Oui, Madame, il faut qu’il parte !

    N’étant  point un de ces « humanistes » imprégnés par les Lumières, je ne souhaite point voir une populace avinée promener sa tête au bout d’une pique. Que nenni, l’exil suffirait amplement !
    Nous l’enverrions sur un îlot lointain, avec sa vieille gouvernante, Madame du Touquet (née Trogneux) et son fidèle Mameluk Christobal Castagnette.
    Il pourrait y écrire ses mémoires (bien que le titre « les mémoires d’un âne » soit déjà pris !). Mémoires qui ne sauraient, en aucune façon, rivaliser avec le « Mémorial de Sainte-Hélène » : ne confondons pas Napoléon et Nabot-Léon !  

    Vous ambitionnez de prendre sa place, mais vous avez prouvé, au fil des années, que vous n’aviez ni les compétences, ni le charisme, pour briguer les plus hautes fonctions.
    Vous êtes, Madame, la « machine à perdre » du parti conservateur. Alors, partez ! Partez très loin ! Quittez la tête du parti fondé par votre père ! Fuyez vos créanciers qui sont nombreux !
    De grâce évitez-nous une autre débâcle, une nouvelle « Bérézina », car, si nous avons une prédilection pour les causes perdues, nous n’en pouvons plus de perdre – encore et toujours – par l’incurie, l’amateurisme ou la bêtise de nos chefs.

    Je ne vais point, ici, vous raconter ma vie. Elle a peu d’intérêt. Sachez seulement, Madame, que je suis un vieux (et fidèle) compagnon de votre camp. J’ai servi jadis Messire Holeindre, preux Chevalier, vieux soudard à toque rouge, ardent patriote, qui est défuncté  récemment.
    Il y a un demi-siècle, ce brave guerrier créait un mouvement appelé « Jeunesses Patriotes et Sociales », j’y adhérais prestement, avant d’aller servir mon pays, durant quelques années, chez les soudards à toque rouge. Notre coiffure d’arme estoit notre fierté, et elle l’est encore aujourd’hui.

    En 1973, les sieurs Holeindre et Brigneau, tous deux de petite extraction, allèrent trouver le Duc Jehan-Marie de La Trinité – un solide Breton surnommé « le Menhir » – et lui demandèrent de fonder un parti destiné à  fédérer les conservateurs, fort maltraités et très divisés depuis la Libération et la perte de nos terres sarrasines d’Algérie.
    Comme Messire Holeindre, Le Duc de la Trinité avait guerroyé  en lointaine Indochine (et en Algérie) sous la toque verte des mercenaires estrangers. Il y était officier, Messire Holeindre n’estoit que bas-officier, mais le lien du sang versé est plus solide que celui du sang reçu. Ils devinrent amis pour la vie. Ils avaient, l’un et l’autre, la Patrie chevillée aux basques !

    En 1974, je votais pour le Duc de la Trinité au premier tour de l’élection au Trône. Au second tour, faute de candidat à ma convenance, je votais pour… Jehanne d’Arc. Puis j’adhérais, un peu plus tard, au parti du Duc. Je vous épargnerai, Madame, le récit de cette époque, les soirées de collage d’affiches, les salles obscures, les coups – de poing ou de gueule – plus souvent reçus que donnés, l’argent dépensé en élections perdues d’avance, jusqu’au jour où Messire Stirbois de Dreux et sa gente dame Marie-France parvinrent à faire décoller le mouvement. Un décollage cependant bien timide, qui rappelait celui de la « chauve-souris » de l’avionneur Clément Ader.

    Je vous passerai aussi la sordide affaire « du détail », que vous connaissez comme moi, et qui, rendant le Duc infréquentable pour les conservateurs de salon, lui ôtait toutes velléités d’être un jour sur le Trône. Elle nous laissa K.O. debout ! Mais nous lui restâmes fidèles, corps et âmes.
    Oublions aussi la scission du sieur Mégret, qui rêvait d’être calife à la place du calife. A cette époque, lassé des chicayas internes au mouvement, j’en claquais la porte pour la première fois.
    En mal de parti, on me vit, un temps très court, chez le Baron Michel de Rostolan, puis chez le Vicomte Philippe de Villiers, mais je continuais, à chaque élection, à voter pour Jehan-Marie de la Trinité, pour ses candidats, et pour …Jehanne d’Arc, au second tour, après leur élimination.

    Dans ces années, j’ai assisté à votre montée en puissance dans l’ombre de votre père. Dès le début, j’ai vu en vous une arriviste et une usurpatrice. Mais, au sein du mouvement, on ne jurait plus que par « Madame de Montretout » … Et j’ai ré-adhéré au parti, persuadé que le Duc Jehan-Marie, en homme de parole, en céderait la présidence à Messire Bruno Gollnisch, fidèle parmi les fidèles depuis l’origine. J’ignorais qu’en sous-main la succession du Duc était joué d’avance et que les dès étaient pipés. Vos affidés tiraient déjà les ficelles, dans le but de débarrasser le mouvement de sa vieille garde et de le « dédiaboliser » (ce qui sous-tend que nous étions… diaboliques ?)

    A peine élue, vous claironniez « ne pas savoir ce que c’est que la droite », puis vous annonciez vouloir « débarrasser le parti des « zozos » ( ????) et des nostalgiques de l’Algérie française… ».
    Cette envolée – provocatrice et sans ambages – fut actée par le Chevalier Holeindre, qui démissionna avec fracas. J’en fis autant, mais en toute discrétion, comme tant d’autres…
    Vous étiez enfin la patronne, la « Comtesse de Montretout ». Ce titre vous le deviez à votre mère. On se souvient, en effet, qu’il y a bien longtemps, alors qu’il n’était point encore amblyope, Messire Jehan-Marie de la Trinité prisait fort la gent femelle et aimait à trousser la gueuse.
    Il s’était amouraché d’une roturière, Pierrette Lalanne, fille d’un négociant en vin des Landes, au demeurant fort jolie garce. Elle avait fait les choux gras du Marquis d’Arcangues, puis d’un premier mari dans le « show-biz », avant de prendre Messire Jehan-Marie dans ses filets (ou ses bas-résilles, on ne saurait le dire ?).

    Beaucoup plus tard, alors qu’il lui avait fait trois filles, blondes comme leur mère, Le Duc chargea un dénommé Jehan Marcilly d’écrire sa biographie. Ce Marcilly estoit un pendard et un faquin. Il  écrivit un livre flagorneur intitulé « Le Duc sans bandeau » mais il aurait aussi bien pu écrire « Pierrette sans culotte », car il avait cédé aux charmes de la belle et partageait  sa couche.
    Apprenant que la catin l’avait cornecufié avec son biographe, il la bouta hors de son château et lui refusa tous subsides en l’invitant à « faire des ménages » pour survivre.
    La garce ne se l’envoya pas dire et posa fort dénudée, en tenue de soubrette, dans une de ces gazettes  grivoises que les adolescents lisent d’une main dans les toilettes.
    A cinquante ans donc, Pierrette montrait son cul, lequel était encore avenant et prompt à redonner vigueur à un eunuque. Mais ces clichés sur papier glacé provoquèrent  grande stupeur au château et un laquais, fort marri, vint dire au Duc « Messire, Madame montre tout ! ».
    Exclamation qui devint, ainsi va l’histoire, « Madame de Montretout ».

    A peine élue, vous avez entrepris une chasse aux sorcières au sein de la garde prétorienne du Duc, lequel a benoîtement  laissé faire. Puis, tel le Roi Henri III, vous vous êtes entourée d’une cour de « mignons », de mariolets et d’invertis dont le chef estoit  le triste Florian Philippot.
    Fidèle à mes idées, j’ai continué à voter pour votre parti qui n’estoit plus le mien.

    Mais je me souviendrai toute ma vie de votre face-à-face avec le Marquis de Morveux d’Enarque, en 2017, qui fut LA-MEN-TABLE. Comme une folle ayant abusé de la vinasse, vous mélangiez allègrement les écus, les louis, les sesterces et les francs-or. C’était grande pitié de vous voir vous faire rouler dans la farine par ce jeune paltoquet, formé à la finance apatride chez un banquier, fils de Canaan.
    Selon le fameux « principe de Peter » vous avez atteint, ce jour-là, votre niveau d’incompétence.

    Alors de grâce, Madame, par pitié, en 2022, laissez la place à de gens plus capables, votre parti n’en manque point : Messire Ravier ou Aliot, ou encore, votre charmante nièce Marion, qui a la sagesse, le charme, la modération, et l’âme conservatrice. Toutes choses qui vous manquent, hélas.

    Avec mes hommages. 

    Cédric de Valfrancisque
    16 février 2020


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